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  • date 21.05.2010
  • heure 15:07

Une ferme de polyculture allemande

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Par Michel Beaunoyer – Lors des journées de presse organisées par la compagnie Lemken en avril dernier, nous avons eu la chance de visiter une ferme à Schloss Wissen,  au coeur d’une région agricole prospère, dans le nord de l’Allemagne.

Selon la petite histoire locale, les terres que nous visitons sont détenues depuis au moins 550 ans par la même famille. En fait, chose assez pittoresque, ces terres font partie d’une seigneurie encore active, détenue par un Baron de la famille von Loë.

Magnus Bause, gérant du domaine, a d’ailleurs pris quelques instants, avant de nous faire découvrir la ferme, afin de nous montrer le château von Loë, où le maître des lieux habite encore, du moins, à l’occasion.

M. Bause, formé en technique agricole et fort d’une expérience acquise sur de grandes fermes d’Europe de l’Est, s’est vu confier la gestion de 600 hectares de cultures diverses en 2005. En plus des terres, il supervise la production d’électricité par le truchement d’une centrale de biogaz et l’élevage de 700 porcs. Le domaine von Loë est plus étendu, mais le châtelain loue plusieurs terres à des producteurs locaux, l’équivalent de 400 hectares, à un prix d’aubaine, en autant qu’ils s’engagent à conserver les sols en bonne condition.

L’homme de confiance du Baron gère ces terres, établit les rotations et met en marché les divers produits comme s’il s’agissait de sa propre ferme.

Les superficies se couvrent d’une variété impressionnante de cultures. Cela explique la  présence de quatre employés à temps plein et la participation de travailleurs saisonniers, surtout pour la récolte des pommes de terre. On retrouve donc des champs de maïs  d’ensilage, de blé d’automne, du canola, de betteraves sucrières et de pommes de terre. Quelques dizaines d’hectares sont loués à des producteurs maraîchers qui y  cultivent des choux.

Chacun de ces produits est mis en marché différemment. Soulignons toutefois que la production de betteraves à sucre est régie sous un système de quota qui gère l’ensemble de la production européenne. Le prix à la récolte et les volumes sont préétablis. Advenant une récolte exceptionnellement abondante, le surplus pourra être écoulé aux prix du marché mondial du sucre, ce qui n’est qu’une fraction de celui garanti sous le régime de quotas.

L’écoulement des pommes de terre représente aussi toute une gymnastique. La récolte est vendue sur un marché libre, mais il est possible de négocier avec un grossiste. Le prix offert par le grossiste couvre à peine le coût de production. Il faut donc prendre le risque,  conserver les pommes de terre et tenter de les écouler sur le libre marché en espérant que le prix soit alors intéressant. On retrouve sur la ferme un entrepôt à patates d’une capacité de 3000 tonnes.

Les céréales prennent une place importante dans la rotation des cultures. Ici, on parle de blé d’automne et de ray-grass. Ces deux cultures sont revendues à un semencier. Donc, blé et ray-grass de semence sous-entendent une régie de production très serrée.

La fertilisation repose sur l’apport en fumier. Le fumier de vache provient de fermes de la région, et la ferme doit en payer le transport. Par contre, les producteurs de volaille payent pour que la ferme accepte leur fumier. Le fumier liquide provenant de l’élevage de porcs prend la direction de la fosse alimentant le digesteur à biogaz.

Un parc polyvalent

On ne sera pas surpris d’apprendre que la gestion du parc de machinerie est un des défis de cette ferme. On retrouve cinq tracteurs sur la ferme, développant de 130 à 210 forces. Le volume de travail se traduit par environ 1200 heures de fonctionnement par machine par année. La pratique est de les remplacer tous les deux ans.

En ce qui concerne les récolteuses spécialisées et les équipements de préparation de sol, M. Bause explique aimer se tenir au courant des derniers développements technologiques. Il vise toujours à trouver les machines les plus performantes.

Une préoccupation importante touche aussi les questions environnementales. M. Bause nous explique aussi que plusieurs petits gestes sont posés pour conserver de bonnes conditions de sol. Un petit exemple : l’utilisation d’un système de contrôle de la pression des pneus sur les équipements lourds et sur tous les tracteurs afin de réduire la compaction des sols. De  plus, la gestion des arrosages est faite par un système de précision, évitant les surdoses. 

 

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